Bruno LE MAIRE, Ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de
l’Aménagement du Territoire, réunira les ministres de l’agriculture du G20 à Paris en juin. L’inscription
de l’agriculture à l’ordre du jour de la présidence française du G20 témoigne de son caractère
éminemment stratégique pour l’avenir de la planète.
1) Les défis de l’agriculture mondiale
· L’agriculture est un enjeu politique stratégique
o C’est la première activité mondiale avec 1,3 milliard d’emplois. Plus de 40 % de la
population active mondiale dépend directement des marchés agricoles. 80 % des plus
démunis dans le monde vivent dans des zones rurales.
o Les produits de l’agriculture représentent 10 % du commerce international.
o La sécurité alimentaire mondiale est en jeu.
· La planète est confrontée au défi de la volatilité excessive des prix agricoles :
o Le prix du blé a bondi de 94 % en 6 mois, le prix de l’orge a plus que doublé dans la même
période. L’indice des prix alimentaires de l’Organisation des Nations-Unies pour
l’Alimentation est à son plus haut niveau depuis sa création en 1990.
o Les causes de cette volatilité sont multiples :
S’agissant de la demande : la croissance de la demande est plus rapide que la
croissance de la production : la population mondiale augmente, les comportements
alimentaires changent, les biocarburants se développent…
Du côté de l’offre : les rendements agricoles stagnent, les aléas climatiques se
multiplient, la pression foncière augmente, le niveau des stocks baisse…
La financiarisation des marchés agricoles et la spéculation, ajoutent la volatilité
et contribuent à notre insécurité alimentaire. Sur les marchés, il s’échange sur le
papier chaque année environ 15 fois la production mondiale de blé et de maïs.
· Cette volatilité est insupportable :
o Pour les producteurs au Nord comme au Sud: les fluctuations excessives des prix
génèrent de l’incertitude et perturbent les capacités d’anticipation des producteurs ; lorsque
les prix s’effondrent, le potentiel agricole est mis en danger.
o Pour les consommateurs : la crise alimentaire de 2007-2008 et les nombreuses émeutes
de la faim qui l’ont accompagnée notamment en Haïti et au Sénégal et, plus récemment, au
Mozambique, ont illustré de manière dramatique les conséquences des fluctuations des
prix des matières premières dans les pays en développement. Celles-ci y affectent plus
particulièrement le pouvoir d’achat des consommateurs les plus pauvres mais aussi le
revenu des producteurs.
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